Faut-il laisser les enfants face aux difficultés pour mieux les armer dans la vie ?

 

 

 

 

 

 

3 petites histoires allégoriques pour vous faire votre idée.


Je reçois souvent des questions, que ce soit au cabinet ou de plus en plus par mail ou sur facebook sur des choix éducatifs ou de petites situations concrètes. A défaut d'avoir trouvé comment mettre en place une boite à idées constructive, je vais tâcher de répondre aux plus fréquentes par de courts articles, cela peut aider d'autres personnes ;) 

Une des questions qui revient souvent est "faut il laisser les enfants face aux difficultés ?". Vous avez tous déjà entendu la version "la vie c'est dur, faut l'endurcir lui aussi, si on l'aide petit il saura pas s'en sortir adulte". Vous avez surement entendu la version inverse également. Et nous en tant que parents on est là, les fesses entre deux chaises éducatives, à vouloir s’asseoir sur la bonne décision en espérant ne pas se casser la figure. Pour mieux vous expliquer mon point de vue je vais vous raconter trois petites histoires imaginaires. A vous de vous faire votre propre avis à la fin.


L'histoire de Juliette, Louis, Noam et la course d'obstacle.

L'histoire de Juliette.

Il était une fois une petite fille qui s'appelait Juliette. Elle devait arriver au bout d'un parcours semé d'obstacles. Il y avait bien des adultes mais, elle ne comprenait pas pourquoi, ils ne l'aidaient pas. Pourtant ils l'aimaient, mais ils la laissaient faire seule. Pourtant elle aurait aimé de l'aide Juliette.

Les obstacles étaient tantôt petits, tantôt grands. Juliette faisait de son mieux pour y arriver. Petit à petit elle surmontait tous les obstacles, mais à quel prix ! Parfois elle se faisait mal. Parfois elle y arrivait indemne mais s'épuisait. Plus les obstacles s’enchaînait, plus elle se fatiguait. Plus elle se faisait mal plus elle avait peur de voir apparaître un nouvel obstacle. 

Un jour elle arriva à la fin du parcours. Ereintée, pleine de bleus et de courbatures mais en vie, parce que des obstacles "ça n'a jamais tué personne". Les adultes la regardèrent avec fierté et amour et lui dirent "c'est bon, tu es prête pour suivre ton propre parcours toute seule". 

Alors Juliette, bien que fatiguée, se lança dans son nouveau parcours. Son corps était déjà affaibli et elle avait appris qu'elle se faisait mal sur les obstacles alors elle avait très peur d'en rencontrer de nouveaux. Mais tant bien que mal elle continua son chemin.

L'histoire de Louis.

Il était une fois un petit garçon qui s'appelait Louis. Il devait arriver au bout d'un parcours semé d'obstacles. Mais Louis ne les voyait pas beaucoup les obstacles parce qu'il y avait des adultes qu'il aimait, et ils courraient devant lui pour détruire tous les obstacles avant même que Louis ne les voit. Parfois ils en oubliaient un, mais dès que Louis arrivait dessus ils le portaient pour qu'il le passe sans effort.

Louis arriva au bout de son parcours frais comme un gardon, sans une égratignure. Les adultes le regardèrent avec fierté et amour et lui dirent "c'est bon, tu es prêt pour suivre ton propre parcours tout seul".

Alors Louis se lança dans son nouveau parcours d'un air guilleret. Mais les premiers obstacles furent difficiles à vivre, parce que Louis ne savait pas comment les aborder. Personne ne lui avait donnait les outils pour avant de partir. Il dut apprendre comme il pu au fil de sa progression, ce qui lui valu quelques bobos inutiles, et beaucoup d'appréhension de ce qui pourrait bien encore lui tomber dessus.

L'histoire de Noam.

Il était une fois un petit garçon qui s'appelait Noam. Il devait arriver au bout d'un parcours semé d'obstacles. Il y avait des adultes qui l'aimaient et qui lui dirent "vient, on va le faire ensemble ce parcours".

Lorsque Noam arrivait devant un obstacle il essayait de le passer. Les adultes étaient à ses côtés pour qu'il ne se sente jamais en insécurité. Si Noam trouvait une solution tout seul, tant mieux ! Si cela devait trop difficile ou coûteux un adulte lui donnait une astuce, l'aidait à trouver une solution. Si l'obstacle était trop grand on le lui évitait. On l'encourageait, prévenait les risques et le félicitait quand il réussissait en lui montrant les capacités dont il avait fait preuve. 

Au fil du parcours Noam devint de plus en plus fort en obstacle. Il découvrait de nouvelles manières de les passer.

Noam arriva au bout de son parcours. Les adultes le regardèrent avec fierté et amour et lui dirent "c'est bon, tu es prêt pour suivre ton propre parcours tout seul". Noam se lança sans appréhension. Il rencontrait des obstacles certes, mais il avait tout un panel de stratégies à sa disposition pour les affronter. Et on lui avait appris qu'il était tout à fait capable de trouver ses propres solutions, alors Noam les abordait avec confiance en lui. 

 


La morale de l'histoire

Vous l'aurez compris, le parcours en question symbolise l'enfance. 

Juliette s'est trouvée en difficulté petite, cela l'a fragilisée pour sa vie adulte. Elle manque de confiance en elle face aux obstacles et porte le poids des épreuves précédentes. Louis n'a jamais appris à faire avec les obstacles alors une fois adulte cela l'a déstabilisé et il n'avait pas la maturité pour les affronter sereinement. 

Dans ma vision de l'éducation, l'idéal est de faire comme avec Noam. Accompagner, donner des solutions, laisser tester mais ne pas laisser en difficulté. L'enfant apprend qu'il est capable d'y arriver seul, il apprend des stratégies. Une fois adulte il pourra s'appuyer sur ça, face à un nouvel obstacle il aura la confiance en lui nécessaire pour les aborder plus en sécurité.

Je ne donne pas d'exemples concrets car la notion d'obstacle est trop subjective. Elle dépend déjà de différences interpersonnelles. Certains enfants se lancent avec aisance dans des discours devant une assemblée. D'autres vivent comme insurmontables de dire bonjour à un inconnu. Une même situation n'est pas le même obstacle pour deux enfants différents.

Il y a également les différences intrapersonnelles. Si loulou a bien dormi la veille il sera plus en forme pour de nouveau défi que s'il est grippé. L'obstacle change de forme en fonction de notre état.

C'est moins confortable, on peut moins facilement se positionner que si on pouvait faire une liste valable pour tous les enfants de ce qu'on doit faire ou non. Mais c'est ça d'être parent. Le plus important est d'être présent, d'écouter, d'accompagner et d'être prêts à consoler ou rassurer lorsqu'il y en a besoin !


J'espère que cet article vous aura parlé. Je prends tout avis ou commentaires, tant qu'ils restent polis et bienveillants ;p En attendant, si vous ne voulez rien rater du blog  rejoignez nous sur la page facebook du blog, ou inscrivez vous à la newsletter ! 

Écrire commentaire

Commentaires: 4
  • #1

    mppmpm.fr (mardi, 12 juin 2018 19:53)

    C'est très clair et très facile à comprendre, à noter juste que même en essayant de faire au mieux on peut se planter en tant que parents car on ne perçoit pas l'obstacle qui bloque notre enfant.

  • #2

    Stéphanie B (mardi, 12 juin 2018 21:56)

    Je trouve ces 3 histoires très "parlantes". J'apprécie votre façon globale de voir et aborder le sujet :)
    J'ai toutefois envie d'ajouter une petite nuance ;)
    Dans l'histoire de Noam, l'idéal, en plus de tout ce que vous avez dit, j'ajouterais pour être un peu plus précise sur l'accompagnement : savoir demander de l'aide aux personnes compétentes lorsque les efforts face aux obstacles n'aboutissent finalement pas lorsqu'on est seul :)
    Alors c'est juste une suggestion, et je ne sais pas si elle a sa place ici !... J'avais envie de partager mon point de vue :)
    Merci pour toute la bienveillance de votre approche via ces jolies histoires ;)

  • #3

    Maman est psychomot (mercredi, 13 juin 2018 13:38)

    C'est indissociable du fait d'être parent de se planter ;)

    C'est vrai qu'il est important aussi d'apprendre la communication pour pouvoir dire que c'est trop dur, demander de l'aide, ou qu'on nous apprenne a parfois changer de chemin pour atteindre notre objectif ;)

    belle journée

  • #4

    Blandine (lundi, 25 juin 2018 17:19)

    Merci pour ces petites histoires si parlantes !