La Zone Proximale de Développement

 

 

 

 

 

Et le prix de la photo illustrative la plus pourrie est attribuée à....

 

Bonjour bonjour ! C'est ma rentrée ! Pour fêter ça je vous propose aujourd'hui un petit article sur un concept théorique qui me tient à cœur, bien qu'il ne soit clairement pas dans la mode du moment : La zone proximale de développement. Mais késséssé me direz vous ?

Alors la zone proximale de développement, ZDP pour les intimes est un concept développé par Lev Vygotski (et là tu regrettes que les noms propres ne soient pas acceptés au scrabble, parce que c'était jackpot). Ce n'est pas tout neuf tout neuf parce que le monsieur est quand même mort à la fin des années 30, mais à notre décharge il évoluait dans une période où l'empire Russe ne lui offrait pas vraiment les mêmes plans de carrière qu'actuellement et où la diffusion du savoir n'étant pas forcement l'objectif national numéro 1. Du coup l'idée n'est arrivée jusqu'à nous que dans les années 60, où on s'est dit "quand même, c'plutôt intéressant". Un peu mon neveu. 

Sa théorie a pour objectif de définir une "zone" où les enfants sont le plus aptes à apprendre une nouvelle compétence (En vrai ça marche avec tout le monde mais on va pas dire qu'on a encore des trucs a apprendre des autres). En gros cette zone correspond à "ce que je peux faire avec de l'aide" et se situe entre "je peux le faire en autonomie" et "j'ai besoin qu'on le fasse pour moi". Pour le dire de manière plus classe : c'est la zone qui se situe entre le niveau de développement que l'enfant atteint dans la résolution de problème de manière autonome et le niveau maximal atteint lorsque l'enfant est en situation de collaboration. Le concept est vraiment intéressant mais va savoir pourquoi, non, on ne s'en saisi pas de celui là. Peut être le monde attend t-il que Hop Toy's fasse une infographie qui tue pour se dire "si c'est sur facebook c'est forcement cool". Au boulot hop toys !

Pour être plus clairs on va prendre l'exemple (stéréotypé je sais, c'est pour les besoins de la démo) de Robin qui commence à bien maîtriser les additions. Si on lui propose 30 fois le problème Rémi à 3 pommes. Jules lui en donne 2. Combien Rémi a t-il de pommes ? Même si on change 30 fois le nombre de pommes Robin n'apprend pas de nouvelles compétence. Il automatise celle là, elle sera peut être plus fluide, mais il n'apprend rien de neuf. 

Si à la place on lui balance : Ok alors maintenant Rémi à 12 pommes, il en distribue les 2/3 à 3 enfants, il en rachète 8 mais 2 sont perdues. En sachant qu'il les coupe en 6 combien y aura-t-il de morceaux dans sa salade de fruits ? Robin il va nous regarder et repartir à ses playmobils. On est dans la zone de rupture, même avec démonstration la compétence est trop élevée pour qu'il en prenne quoi que ce soit.

Mais si on lui dit que Rémi à 3 pommes et qu'il en mange 2, et qu'on lui montre avec des vrais pommes, on est dans la ZDP. Tout seul il n'aurait pas su, mais là, avec l'aide de l'autre il comprend le nouveau mécanisme et peut accéder à la soustraction. 

Il a pas découvert la poudre à découper l'eau tiède me direz vous peut-être, parce que comme ça ça parait évident. Oui ben vous vous êtes pas tapés 50 réunions identiques sur "homogénéité ou hétérogénéité des binômes" hein. 

La personne "experte" n'est pas forcement un adulte, cela peut être un pair. L'aide apportée est souvent la démonstration, parfois c'est juste l'imitation des comportements des plus grands. Mais ses recherches mettent en avant que l'enfant apprend mieux en collaboration et avec des personnes ayant un développement de meilleur niveau (d'où l'avantage des systèmes de tutorat à l'école).

Alors quand même ne me faites pas dire ce que je n'ai pas écrit (enfin tapé, et j'ai assassiné mon vernis estival pour cet article). Ça ne veut pas dire qu'il faut en permanence leur coller au popotin de l'apprentissage pour leur montrer des nouveaux trucs. Ils ont besoin de temps de généralisation, où ils expérimentent dans diverses situations ce qu'ils ont appris, pour rendre cet apprentissage flexible, réutilisable. Ils ont besoin d'automatiser. Ils ont besoin de découvrir par eux même pour travailler leur esprit scientifique. N’empêche qu'en situation d'apprentissage (pas de jeux toussa toussa) c'est un apport intéressant. 

"Oui mais partout on nous dit que Maria Montessori elle a dit qu'il fallait tout faire de manière autonome pour bien apprendre". Alors, déjà comme le disaient Arnold et Willy (coucou les vieux) il faut de tout pour faire un monde. Et puis surtout, Maria, elle disait qu'il fallait "organiser l'environnement" pour permettre à l'enfant d'accéder à un apprentissage autonome. Elle a pas dit "va te faire un café et lire un magazine il va grandir tout seul". Elle préconisait d'observer et de bien connaitre l'enfant, son niveau de développement actuel et de proposer des activités dans sa période sensible, "en émergence" pour qu'il fasse de nouveaux apprentissages. C'est pas pour rien qu'elle restait dans la pièce et pas au bord de la piscine avec ses copines. C'est parce qu'elle apportait une aide pour accéder à un nouvel apprentissage. Pas forcement une aide verbale, mais une aide en adaptant l'environnement.

Et si c'est pas sa période sensible ? Ben là libre à vous de faire vos choix éducatifs (comment ça je sers à rien sur ce coup là ?). Ce genre de travaux restent une vraie richesse notamment avec les enfants en difficultés par, parfois, pour maintenir une scolarisation, une autonomie on a besoin de quitter leur intérêts du moment pour accéder un apprentissage précis. Et dites vous que chaque fois que vous vous asseyez à côté de loulou pour lui montrer une stratégie qui lui permet de finir la où il galérait, vous êtes entrés dans la ZDP.


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Commentaires: 2
  • #1

    Miss Psychomot (lundi, 27 août 2018 19:00)

    Concept tres interessant avec les exemples.
    L'illustration est claire, maintenant a moi de digerer ces informations

  • #2

    Marie psychomot (lundi, 27 août 2018 19:43)

    Passionnant comme réflexion ! Merci !
    C’est un concept que je rapprocherai volontiers de la construction de l’estime de soi chez l’enfant.