Maintenir l'attention des petits sur une activité manuelle

 

 

 

 

Un petit exemple avec une activité peinture menée avec Mademoiselle-j'ai-2-ans-et-demi

Aaaah la joie des activités manuelles avec les petits. On patouille dans la peinture, on déchire des trucs, on en secoue d'autres... Et voilà qu'arrive l'âge où on pense pouvoir se lancer dans nos premières œuvres d'art si ce n'est figuratives, au moins structurées. Nous voilà prêts, avec tout notre matériel, pour peindre une pâquerette comme Monet, travailler les spirales comme Klimt ou faire le portrait de Minette-le-chat comme Van Gogh. Les plus optimistes ont même déjà choisi l'endroit où le tableau sera affiché et trouvé sur Pinterest une super idée d'atelier d'encadrement diy.

Et puis la réalité nous rattrape.

La pâquerette sert de pinceau, les spirales sont rectilignes avec un vague air de bonhomme têtard en colère et Minette fini traumatisée sous le buffet avec des touffes de poils bleus. Il va falloir mettre un pouf sur la grosse tache rouge qui ne part plus du tapis. Le tableau est lui un barbouillage vert caca d'oie. 

 

Pour passer ce cap, voici donc un exemple d'activité et quelques conseils qui pourront vous aider dans la création de vos œuvres d'art.

Activité peinture : La pluie sur les fleurs

Avant de commencer :

1) Avant tout une des clés est de se dire que ce ne sera pas parfait. Jamais. Si vous avez une idée précise en tête faites la vous même. Sinon partez d'une idée très générale (on va faire un paysage où il pleut) et nourrissez vous aussi de tout ce que l'enfant va pouvoir vous proposer. S'il a envie de faire des traits à vous le champs de blé, des taches un champs de coquelicot... Il va falloir faire preuve de flexibilité et alterner entre proposition de votre part et envie de la sienne. Une activité trop rigide risque vite de perdre son intérêt pour lui.

2) Gardez aussi en tête que c'est une petite chouquette qui est avec vous. Ça veut dire que son cerveau n'est pas encore mature. Les décrochages attentionnels, l'impulsivité, les découvertes sensorielles et les idées chelous c'est normal. Ce n'est pas pour embêter ou pour ne pas faire d'effort (autant qu'une activité ludique puisse être vue comme un effort). C'est juste de son âge. 

Le choix du matériel :

Il va sans dire que le matériel doit être un minimum attractif pour attirer l'attention de Louloute. Les crayons qui sont en libres services habituellement vont être moins attirants que les surligneurs fluos du bureau parental. Entre un feutre en fin de vie et de la peinture à doigts il n'y a pas photo.

Pas besoin de faire de grosses dépenses, il suffit parfois de petits objets du quotidien (peindre avec des objets) ou de rajouter un peu de farine dans la peinture pour créer la nouveauté !

Mon truc, ma super astuce ultra secrète (bon pas si secrète que ça) c'est que l'enfant ai toujours DEUX FEUILLES. La première sert à faire l'activité prévue, à répondre aux conseils. La deuxième à découvrir tout ce qu'il a envie de tester.

 

Son boulot d'enfant est de faire de nouvelles expériences, tester des choses. Son cerveau est fait pour ça. Forcement durant l'activité il va vouloir  mélanger des couleurs, faire une trace avec son doigt, faire un carré à la place des ronds (peindre avec la queue de minette...). Chaque fois qu'on lui dit non il doit se retenir et cela fait monter un peu plus la cocotte minute de l'impulsivité. Au premier "non mon sucre d'orge" tout va bien, mais au 15ème il ne tiendra plus (pour Minette dites non quand même hein). En classe ou en séance cette double feuille peut aussi être mise en place (en maternelle mais aussi pour les plus grands ayant un défaut d'inibition). Une fois cette feuille bien investie elle vous sauvera bien des activités.

 

Elle sert également à faire des tests pour ceux qui ont peur de ne pas savoir faire ou qui ont besoin d'un peu d'entrainement. Mademoiselle a par exemple testé ses brins d'herbe sur sa feuille, les taches pour les fleurs, et a eu envie de me montrer quelle savait dessiner... un punk bleu ?

Le déroulé de l'activité :

Ici plusieurs choses vont être importantes pour que le plan se déroule sans accroc (Hannibal si tu m'entends) :

  • Les compétences nécessaires doivent être en adéquations avec l'enfant. Même si on aime Gauguin, ce n'est pas l'inspiration idéale pour un enfant de 2 ans 1/2. Plus sérieusement il s'agit de ne pas viser trop haut : Il vaut mieux consacrer un temps spécifique aux nouvelles acquisitions plutôt que de les faire dans un moment où on mobilise déjà attention et inhibition. Il ne faut pas non plus viser trop bas au risque de lasser l'enfant. Un mélange d'acquis et d'émergence est l'idéal. Ici nous avons les traits, les ronds, les points et le collage dans les gestes principaux.

On est pas mal sur les ronds ici. Elle a voulu me montrer qu'elle savait faire des carrés (chose que je ne savais pas), et heureusement nous avions notre deuxième feuille pour ça (tadammm).

  • On a vu que maintenir l'attention des choupinous ça revient un peu à ne pas renverser son verre dans un pogo. Une autre astuce est de faire une activité évolutive. Il s'y passe des choses, comme dans une histoire. Les nouveaux événements servent à créer une nouveauté et à raccrocher l'attention de notre artiste. A vous de bien doser les moments d'évolution. Tant pis s'il y a moins de brins d'herbes que prévu, si on sent qu'on perd la concentration de loulou hop, on lance une nouveauté. La nouveauté a une valeur d'alerte pour le cerveau qui va de nouveau être à l'écoute quelques minutes. Et il est plus facile de relancer une attention déclinante que de récupérer un enfant parti faire autre chose. Ici nous avons décidé de faire un paysage en 3 étapes (Mademoiselle les découvre au fur et à mesure) :

ETAPE 1 : Le champs de fleurs

 

Des traits et des taches


ETAPE 2 : Les nuages arrivent

 

On colle du coton pour les nuages

ETAPE 3 : La pluie arrive

 

On rajoute les points de pluie sur notre paysage.


Mademoiselle a découvert avec beaucoup d'excitation l'arrivée des nuages puis de la pluie. L'activité aurait été beaucoup plus courte et n'aurait surement pas abouti si dès le début je lui avais dit qu'on faisait un champs sous la pluie.

Autre gros avantage : On peut travailler les séquences "avant aprés" qui sont un peu difficiles pour elle encore.

  • Dernière possibilité d'évolution : Le matériel. Si vous regardez les experts, le mentalist ou un truc du genre, vous savez qu'il y a toujours des twist au court de l'épisode. C'est pour vous garder en haleine. Idem avec votre craquotte, vous pouvez créer un twist de matériel :

 

- On fait de la peinture !

- Et puis à un moment on sort de la colle et du coton, on est trop des foufous !

Et finalement on peint avec les doigts, on est diablement transgressifs !


Voilou, j'espère que ces quelques lignes vous auront apportées quelques pistes ! 

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Commentaires: 3
  • #1

    Marine (La Polygraphe) (mardi, 13 mars 2018 18:34)

    Ça a l'air top les activités chez toi, je peux m'incruster ? moi aussi je veux peindre avec les doigts !!!! :)

  • #2

    Maman est psychomot (mardi, 20 mars 2018 16:58)

    Mais oui viens !! Plus on est de fous plus on salit ! (ou un truc du genre)

  • #3

    Myriam (vendredi, 23 mars 2018 09:53)

    "Les idées chelous c'est normal."Tu as fait ma journée!

    Super article. On va essayer le champs sous la pluie nous aussi! Connaissant mon fils, ça va évoluer vers champs après une tornade mais il y a moyen que ce soit fun!

    Pour la colle, tu utilises quoi ? ça existe de la colle safe? (il met encore tout à la bouche)